Regards sur l'art

Samedi 8 novembre 2008 6 08 /11 /Nov /2008 13:57

                           

                  

  BNF Richelieu / Galerie de photographie
 
A QUOI RESSEMBLAIT L'AMERIQUE DES ANNEES '70  ?
 Seventies. Le choc de la photographie américaine              

 
29 octobre 2008 - 25 janvier 2009  

300 tirages et 30 auteurs !

 
En 1971 la Bibliothèque Nationale présenta, sous le titre Photographie nouvelle des États-Unis, une exposition consacrée à de jeunes Américains alors peu connus. Leurs photographies rompaient avec la conception du médium qui prévalait en Europe, où régnait la photographie « humaniste ». On découvrit alors Diane Arbus, Lee Friedlander, Garry Winogrand, et bien d'autres. Chacun à sa manière engageait une singulière évolution, interrogeait sans a priori les multiples possibilités de cet art. Loin du pictorialisme, à distance du pur document, ils ne rompaient pourtant pas avec la riche tradition que représentaient Walker Evans, Harry Callahan ou Aaron Siskind.

La collection de la BNF conserve, grâce à ce lien consolidé au fil des ans, plus de deux mille tirages d'époque. L'exposition n'entend pas pour autant tracer une histoire de la photographie américaine des années 1970. Les quelque trois cents photographies, rassemblées autour d'un nombre restreint de thèmes esquissent un parcours dans le territoire iconographique qu'elles constituent, un travelling dans cette partie de notre collection. Le portrait (Diane Arbus), le paysage (Paul Caponigro, Lewis Baltz ou Joe Deal), les expérimentations photographiques (Duane Michals ou Les Krims) font écho dans l'exposition aux scènes de rue de Garry Winogrand, William Klein, Bruce Gilden, aux héros marginaux de Larry Clark, à l'humour décalé de Bill Owens et Ken Graves, aux recherches raffinées de Ralph Gibson.

L'ensemble offre la part belle à l'onirisme et au fantasme, tradition très anglo-saxonne interprétée par Ralph Eugene Meatyard, Arthur Tress ou Joel Peter Witkin. Cette exposition entend mettre en évidence l'audace et la vigueur des formes, montrer la confondante liberté qui, à cette époque, balaya les stéréotypes et exerce encore son emprise sur la conception post-moderne de la photographie.

À quoi ressemble l'Amérique des seventies dans l'objectif des jeunes Américains ? À un Nouveau ­Monde toujours porté par la vitalité de la conquête, fait de grands espaces déserts (The Fault Zone, la ­Californie de Joe Deal) et de paysage urbain vertical (le Texas graphique sous la chaleur de Charles ­Harbutt). À l'insouciante société de consommation, comme une New-Yorkaise qui savoure son shopping (USA, New York, 1972, de Garry Winogrand). Au rêve américain, cloné comme ses banlieues où l'enfant a un fusil (Richie, icône de Bill Owens et de sa série Suburbia). Aux codes stricts de l'après-guerre qui se relâchent et laissent appa­raître les marginaux poignants de Diane Arbus (trente tirages superbes), les ados junkies de Larry Clark (séries Tulsa, Teenage Lust ).

Moteur sur la rue, ses conventions, ses banalités, ses accidents, ses personnages, avant Martin Scorsese et son âpre film culte, Mean Streets, en 1973. Le proli­fique Garry Winogrand (1928-1984) regarde en peintre du photojournalisme les mutilés de guerre avec vestiges d'uniformes à Dallas, les manifestants aux bras musclés de syndicalistes à New York, les belles passantes avec coiffures de James Bond girls à Los Angeles, les papotages entre copines apprêtées sur les bancs de Central Park.

Sorte d'« antiphotographe » hyper­vitaminé sous l'influence de la peinture du Bauhaus, de ­Mondrian et de Max Bill, William Klein révolutionne la ville par son usage du flou, du grand angle, des tirages très contrastés (le gamin qui tire sur l'objectif, mythique Minigang, Amsterdam Avenue, New York, 1954).

Le melting-pot est mis à nu sous le regard incisif de cette nouvelle génération de photographes qui explorent formes et sujets avec une audace sans complexe, manient le snapshot comme un sérum de vérité. L'Amérique en instantanés, ainsi définie en 320 photographies et quelque 30 auteurs américains, est passionnante comme un documentaire, sec, aigu, humain. À mi chemin entre la bienséance de la bourgeoisie américaine et l'explosion hippie qui va y semer le désordre.

 

 

Il y a encore beaucoup de ­formalisme dans les attitudes et les cadres (les mondanités de la haute société blanche croquées par Larry Fink, en 1977) et déjà des bizarreries qui laissent perplexe (les familles naturistes de l'Amérique profonde, clichés insensés de ­Diane Arbus en 1965). Les jeunes drogués de Larry Clark, dans sa ­ville natale de Tulsa, en 1971, ont encore la coupe nette et les chemises propres des James Dean de l'Oklahoma.

Grande absente des clichés, la communauté noire, en cette décade qui voit pourtant les émeutes et leur répression sanglante en ­Alabama (1963), la lutte pour les droits civiques, l'assassinat de ­Malcolm X (1965), puis de Martin Luther King (1968). Elle n'apparaît qu'en filigrane des images. Au mieux, dans les rues de Harlem où les enfants jouent dans le caniveau (Harlem, New York, cliché fameux de Leonard Freed en 1963). Au pire, dans les faits divers où le même Leonard Freed saisit le corps noir allongé sur le carreau blanc d'un vestibule, résumé de la criminalité ou de la condition humaine.

» Hommage aux précurseurs qui ouvrirent le chemin de l'expérimentation et de la liberté

 
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Mercredi 5 novembre 2008 3 05 /11 /Nov /2008 15:34

construit la république des arts, populaire et  démocratique ,conseiller municipal et commissaire aux arts dans la republique de 1870, contre  le pouvoir politique  réactionnaire de monsieur Thiers !

Courbet, fidèle à ses racines, s’inspire de son terroir natal tout au long de sa vie et tout particulièrement pour ses premières grandes toiles. Celles-ci préfigurent ses manifestes artistiques, Un enterrement à Ornans et L’Atelier du peintre. Les Paysages occupent une place centrale dans l’art de Courbet : deux séries consacrées aux grottes et aux vagues sont rassemblées pour la première fois. Ce thème explore les liens avec la photographie contemporaine – avec Le Gray, Le Secq et Giroux notamment.

La tentation moderne
:
Durant les années 1860, Courbet est au faîte de sa célébrité et devient une référence pour la génération des jeunes artistes de la nouvelle peinture et des débuts de l’impressionnisme. Leurs œuvres le stimulent en retour, notamment autour du portrait et du sujet moderne.


Le nu, la tradition transgressée:

Courbet peint ses premiers nus féminins vers 1840. La présentation des Baigneuses en 1853 affirme sa fidélité à la tradition et sa volonté d’un renouveau réaliste. Autour de L’Origine du Monde, fameux tableau peint en 1866, l’ensemble des grandes toiles consacrées à ce thème est exceptionnellement réuni.


Le peintre en chasseur mélancolique
:
Le thème de la chasse occupe une place particulière, au regard de la peinture d’histoire. L’exposition présente un important ensemble autour des grands formats – L’Hallali du cerf (1866, musée des Beaux-Arts de Besançon), Le Combat de cerfs (1861, musée départemental Gustave Courbet, Ornans).


L’expérience de l’histoire : Courbet et la Commune
;
Courbet entretient des liens complexes avec la politique. Il s’engage dans l’action à l’occasion du siège de Paris et de la Commune où il préside la Fédération des Artistes. Il paye cher cette implication, notamment la destruction de la colonne Vendôme. Emprisonné, malade, il s’exile en Suisse en 1873. Courbet est désormais un artiste « survivant ». Hormis dans l’Autoportrait à Sainte-Pélagie (1861, musée départemental Gustave Courbet, Ornans), le peintre ne traite pas directement ces événements. La série mélancolique de natures mortes, peintes entre 1871 et 1873, exprime tout son désarroi. L’exposition se conclut sur les trois tableaux consacrés aux Truites de la Loue, métaphores du douloureux destin de l’artiste.

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Mercredi 5 novembre 2008 3 05 /11 /Nov /2008 15:33
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Mercredi 5 novembre 2008 3 05 /11 /Nov /2008 15:33


Jean-Baptiste Siméon Chardin
 naît d'un père menuisier, frabricant de billard. D'abord élève du peintre d'histoire Pierre-Jacques Cazes, il poursuit son apprentissage artistique auprès de Noël Coypel.

 En 1724, il rejoint l'Académie de Saint-Luc avant d'être finalement accepté à l'Académie royale l'année suivante. Ses peintures la Raie et le Buffet, gigantesques natures mortes, ont contribué à cette admission.

 Ses thèmes picturaux tournent d'abord autour du gibier, puis du simple objet. Dans les années 1730, il évolue vers la réalisation de scènes de genre qui assure sa renommée auprès de la bourgeoisie (la Pourvoyeuse, 1739 ; le Bénédicité, 1740). Après un retour aux natures mortes, sa popularité croît sans cesse.

Logé au Louvre dès 1757, il reçoit plusieurs commandes royales. Les critiques, dont celles émises par Diderot, sont particulièrement élogieuses quant à son travail d'artiste. Malheureusement, sa vue baisse et le contraint à travailler les pastelles. Il peint alors plusieurs portraits et autoportraitsL 


Les premiers tableaux à figures de Chardin ont été peints à partir de 1733 au plus tard. Chardin se rend compte qu'il ne pourra pas vendre indéfiniment des natures mortes. Il lui faut devenir maître dans un autre « talent ».

Dans son Abecedario, un contemporain de Chardin, Mariette, rapporte l'anecdote suivante : Chardin faisant remarquer à un de ses amis peintres, Joseph Aved (1702–1766), qu'une somme d'argent même assez faible était toujours bonne à prendre pour un portrait commandé quand l'artiste n'était pas très connu, Aved lui aurait répondu :-« Oui, si un portrait était aussi facile à faire qu'un cervelas. »

L'artiste était mis au défi de peindre autre chose que des natures mortes. Mais ce n'était pas la seule raison de changer de « talent ». Mariette ajoute :
« Ce mot fit impression sur lui et, le prenant moins comme une raillerie que comme une vérité, il fit un retour sur son talent, et plus il l'examina, plus il se persuada qu'il n'en tirerait jamais grand parti. Il craignit, et peut-être avec raison, que, ne peignant

Présenté à Louis XV à Versailles en 1740 par Philibert Orry, Surintendant des Bâtiments du Roi (sorte de Ministre de la Culture) et Contrôleur Général des Finances, Chardin offre deux tableaux au souverain. On peut lire à cette occasion dans le Mercure de France : « Le dimanche 27 novembre 1740, M. Chardin de l'Académie royale de peinture et sculpture, fut présenté au roi par M. le contrôleur général avec deux tableaux que Sa Majesté reçut très favorablement; ces deux morceaux sont déjà connus, ayant été exposés au Salon du Louvre au mois d'août dernier. Nous en avons parlé dans le Mercure d'octobre, sous le titre:  "La Mère laborieuse" et "Le Bénédicité"». Ce sera la seule rencontre de Chardin avec Louis XV.

Durant cette période le style de Chardin va évoluer :« En un premier temps,l'artiste peint par larges touches qu'il dispose côte à côte sans les fondre entre elles (…) ; après avoir pendant quelques années, vers 1755-1757, multiplié et miniaturisé les objets qu'il éloigne du spectateur, tenté d'organiser des compositions plus ambitieuses, il accordera une place de plus en plus grande aux reflets, aux transparences, au « fondu » ; de plus en plus ce sera l'effet d'ensemble qui préoccupera l'artiste, une vision synthétique qui fera surgir d'une pénombre mystérieuse objets et fruits, résumés dans leur permanence. » (Pierre Rosenberg, Catalogue de l'Exposition de 1979, p. 296)

Retenons " La Table d'office", dit aussi "Partie de dessert avec pâté, fruits, pot à oille et huilier " (38 x 46 cm, Paris, Musée du Louvre). Chardin propose ici une composition horizontale dans laquelle il multiplie des couleurs et les formes géométriques. Il peint aussi des compositions plus sobres, inscrites dans une figure ovale, avec des fruits, et où l'accent porte sur les reflets, les jeux complexes de la lumière. Par exemple, " Le Bocal d'abricots"  (Ovale 57 x 51 cm, Toronto, Art Gallery of Ontario), et "Le Melon entamé " (Ovale 57 x 52 cm, Paris, collection particulière ).

ll faut rappeler enfin " Le bocal d'olives " (7I x 98 cm, Paris, Musée du Louvre) dont Diderot disait qu'il fallait commencer par le copier pour apprendre le métier de peintre.












 

 

 






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Jeudi 16 octobre 2008 4 16 /10 /Oct /2008 22:13

Cet artiste, doté d’une forte personnalité, fut très lié aux cercles d’humanistes « antiquaires », aux yeux desquels il incarna l’idéal de la Renaissance. En récréant un monde antique, empli de fierté et de gravité, conciliant  la narration esthétique et le  fait historique, Mantegna, peintre de la Renaissance, devient un peintre d’histoire et rentre dans l’Histoire.

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         Andrea Mantegna (1431 - 1506)

Les ressorts profonds de son art sévère résident dans son admiration pour l’Antiquité classique, son répertoire ornemental et son idéal de vertu, l’imitation scrupuleuse de la nature. Mantegna applique les principes en matière de perspective, énoncés par l’architecte et théoricien Leon Battista Alberti (1404-1472), mais il s’inspire également des leçons de la peinture flamande et de sa réelle fascination pour la sculpture.

Les œuvres de Mantegna, parfois très spectaculaires par leur taille et leurs effets saisissants de perspective, peuvent également être d’une exécution extrêmement raffinée ou d’une inspiration intimiste.

L’exposition se clôture par une évocation de son héritage. Il s’agit de montrer, comment, malgré l’émergence d’une sensibilité plus aimable et sentimentale et le ralliement de nombre de peintres à ce qu’il est convenu d’appeler « la manière moderne » – celle de Raphaël et de Michel-Ange notamment – certains d’entre eux, Corrège en tête, restent fidèles, du moins à leurs débuts, à des types, des motifs mantégnesques et plus durablement à certaines des formidables inventions spatiales ou certains des jeux illusionnistes du vieux maître.


Mantegna se montrera d’une grande fidélité à ces principes développés dès les premières années de son activité, conférant à son oeuvre une harmonie stylistique qui lui est propre. Il exerça avec la même aisance souveraine, la même verve inventive, ses talents sous les formes les plus diverses, expérimentant parfois des techniques nouvelles pour traduire, avec le plus d’acuité possible, ses inventions plastiques.

L’exposition du Louvre , qui donne à voir un nombre d'oeuvres élevé (190 environ), est donc visuellement très variée. Si la part des tableaux est sensiblement plus importante, sont également montrés des dessins, des estampes, des manuscrits, des sculptures et des objets d’art. Étant donné la rareté des oeuvres de cette époque, il est exceptionnel de compter autant de témoignages d’un artiste de cette importance sur le sol français, de surcroît des pièces essentielles, très diverses à la fois dans leur date d’exécution et leur typologie, permettant de ce fait de reconstituer de façon pertinente le parcours de ce génie. Cette exposition monographique, à travers une scénographie conçue par Richard Peduzzi et Cécile Degos, propose de jeter un regard nouveau sur ces chefs-d’oeuvre.


Les oeuvres de Mantegna, parfois très spectaculaires par leur taille et leurs effets saisissants de perspective, peuvent également être d'une exécution extrêmement raffinée ou d'une inspiration intimiste. C'est en effet tout le paradoxe de cet artiste dont l'austérité, l'érudition d'antiquaire parfois un peu appuyée, ne doivent pas cacher une authentique sensibilité, un talent d'observation saisissant, une veine poétique, souvent teintée de mélancolie et parfois d’humour.


Le martyre de 'Saint Sébastien' de 1459, l'oeil est attiré par la cité située à pic, en flanc de montagne. La route qui y conduit passe d'abord par un forum romain, puis, en se rapprochant du ciel, à un ensemble de maisons médiévales ou même Renaissance.

Mantegna semble ainsi placer la ville humaniste de son époque plus proche de Dieu que le forum antique. Saint Sébastien ayant d'ailleurs péri pour avoir brisé des idoles romaines. Des morceaux de statues gisent autour de lui, en particulier un pied, dont le parallèle avec le pied du martyre est frappant.

Si l'on a dit que les personnages de Mantegna étaient de véritables statues, très inspirées de la manière antique, Mantegna semble pourtant vouloir la dépasser, proposant un nouveau type de sculpture qui intègre les connaissances scientifiques récentes tout en rendant hommage à Rome. Le réalisme de l'anatomie de Sébastien transparaît dans la peau épaissie par les flèches ou boursouflée par les cordes. Il étudie, comme
Léonard de Vinci un peu plus tard, le système des veines et des nerfs. Le corps sculptural de saint Sébastien vient donc prendre la place du vieux fétiche qui a volé en éclats, dont il ne reste qu'un pied en sandale.   






 
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