embruns des jours et mouillages improvisés,

Cet obscur objet de désir que l'écran noir !, être enfermé dans la douce pénombre, ouatée d'un endroit retiré du monde, se laisser porter par le fleuve des images; l'oeil du projo vous traverse , invisible, et vous emmène dans un aute temps.
Le projectioniste, inconnu du public, nous tient comme un troupe de voyeurs exités; bref! une sorte de psychanalyse collective, un songe cathartique ou notre inconscient tricotte avec la fiction projetée ," la Rose pourpre du Caire" (1984) symbolise cette traversée des apparences, cette immersion dans un fleuve d'images parlées, une parbole sur le pouvoir de l'image .
une jeune femme Cécilia, s'ennuit dans une vie morne et tourmentée; elle n'a qu'une seule passion,passer son temps au cinéma le "Jewel" ou elle passe voir ses héros favoris: dans le mélo qu'elle regarde,le héros sort de l'écran et emporte cécilia vers une vie meilleure, une aventure sentimentale, une vie ou l'argent et les soucis n'existent pas, ou la fête est permanente ! Chez Woody allen a le génie de la mélancolie douce amère, le truc bête qui rend la gravité du monde un peu ridicule; on est tous invité, grâce à lui, à délirer un peu nos vies et prendre un bon coup de champagne; pas étonnant !! qu'il parsème son oeuvre de rythme jazzistique, de voix off, de méli- mélo psychologiques, de nostalgie et d'amour dansant ( Radio Days ), de ville pleine d'enfances (Manhattan), avec en filigramme un accompagnerment mortel , la clarinette, pensez à woody Herman, aux intros de Gerswhyn
Jean Renoir avait ce don de magnifier la beauté du monde comme un cuisinier amoureux vous sert un nourriture sensuelle, charnelle, intime : chaque plan, chaque séquence,chaque personnage apporte sa part de profondeur ; louis Malle avait ce souffle
vous passez l'écran et fini vos angoisses !!

Comme disait de sa voix grélée et son regard d'enfant triste, mister Godard : " tu regardes la télé posée devant toi, à hauteur d'homme, quoi ! , mais au cinoche ! tu lève les yeux vers l' écran et tu te projettes dans l'histoire, comme si tu était dedans !
Moment magique, rite envoutant, lumières estompées: l'écran s'illumine, le blanc s'ouvre à des inconnus qui vont rire, désirer, s' émouvoir,réfléchir,se détendre enfin !
Le cinoche fut, après la guerre, une institution,une fête,un défouloir pour tous,le seul endroit de rassemblement populaire et familial ou on oubliait le chaos ordinaire de nos vies mal tricottées, sans saveur,pour se rassembler ensemble devant une histoire d'amour ou de mort, se refaire un peu le mou du cerveau , changer d'air !
Quand on entend, eddy Mitchell" la dernière séance" , et d'autres, c'est une névrose qui vous change la vie et vous améne à composer avec la vie, en tant que chanteur, eddy Mitchell nous fait aussi son cinéma( américain) : le ciné , c'est toujours l'exploration d'un secret, "comme quand on était petit et qu'on se racontait des histoires avec 3 fois rien !, on fabulait sur nos petites vies tel des "chiche capons"en vadrouille , et on cherchait une géographie de l'évasion, on rêvait de liberté , une cartographie de l'imprévu hors de portée des adultes, trop soucieux du travail, on cherchait des passages souterrains, de nouveaux amis incroyables, des maisons sans adultes suspicieux !, des jardins magnifiques ,des cabanes de pirates en herbe , des chemins mystérieux, des rencontres improbables, l'imaginaire des gosses , quoi!

Sans compter les salles mythiques à Paris ! : le Galande, le Cluny, la Pagode, le Rex , la cinémathèque française ou officia depuis 1935, l'énergumène henri Langlois ,artisan fondateur, conservateur et mémorialiste des premiers films parlants (60 000 films dans la boutique en 1970 ! )
Sans compter les chefs d'oeuvres !: la Règle du Jeu, le Jour se lève, Hôtel du Nord, Casque d'or, Remorques, Goupil Main rouges, la Traversée de Paris,le Corbeau, quai des Orfèvres, les disparus de St AGIL (1938), Zéro de conduite, de Jean Vigo, "Boudu sauvé des eaux", etc....
nos artistes éternels !!: michel Simon, pierre Fresnais,edwige Feuillère, Robert le Viguan,simone Signoret,
Sans compter les festivals de ceci et cela, !! nos vieux acteurs qu'on ne se lasse pas d'honorer!, nos césars, notre festival de Cannes depuis 1946, nos batailles de critiques si partiaux ! ,notre jeanne Moreau éternelle, "michelle Morgan-t'as de beaux tu sais " notre avance sur recettes !, notre cinéma d'auteur que nous envie les américains !, notre marion Cotillard oscarisée en 2007 !,nos écoles de cinéma (FEMIS, IDHEC ), bref !,une industrie qui pèse lourd !! la troisième du type, après l'Inde et les USA.
230 films produits en France par an ; 190 millions de francais fréquentent plus de 5000 salles de cinéma par an; 20 millions d'entrées pour les " Ch'tis"; une palme d'or en 2008 à Cannes pour un film d'auteur francais, Laurent Cantet , sans grands moyens ! )
les enfants du Paradis ! marcel Carné


j'ai bien aimé Djamel, sobre ! et jean pierre Bacri , raté magnifique !
LIRE : " le gout du cinéma" ,131p, 5,50€ , Mercure de France
IN MEMORIAM !
DANIEL EMILFOLK,
livre de Francois Jonquet , 122 p,16€ , Sabine Wespiser éditeur
- acteur: "la cité des enfants perdus, Casanova "
- amateur: de Tchekhov, et de garcia Lorca, repéré par Visconti
il vivait dans un réduit montmartrois, avec un dénuement de fakir frileux!
un visage anguleux posé, une voix grave de rabbin d'outre tombe, un éloge de la lenteur !
il répondait aux importuns " quand vos ancêtres grimpaient aux arbres,les miens étudiaient le Talmud !"

à la bebopallure !
"atmosphère, atmosphère,
est ce que j'ai une gueule d'atmosphère !" non, mais