embruns des jours et mouillages improvisés,
New York , 1927 : jeune femme à la beauté classique, Lee Miller fait la couverture de Vogue et se voit consacrée par les plus grands photographes, dont Steichen, Hoyningen-Huene et Horst.
Paris, 1929 : Amie d’Eluard et de Picasso, élève et compagne de Man Ray, elle invente avec lui la technique de solarisation, devient une brillante photographe surréaliste et joue le rôle de la statue dans "Le sang d’un poète" de Jean Cocteau.
Europe,1944-1945 :correspondante de guerre pour le magazine Vogue, elle est la seule femme à suivre l’avancée des armées alliées, des plages de Normandie aux camps de la mort et au « nid d’aigle » d’Adolf Hitler en Bavière? ou elle prend un bain dans la baignoire d'Hitler . Ses photographies de Dachau bouleversent le monde entier. Ce ne sont là que trois des nombreuses vies de Lee Miller, relatées ici par son fils Antony Penrose, né de son union avec le peintre surréaliste Roland Penrose.
De cette héroïne stendhalienne aussi étonnamment belle qu’intrépide, de cette troublante voyageuse, le photographe David Sherman disait qu’elle « incarna au plus près la nouvelle femme du milieu du XXème siècle ». Riche de 171 illustrations en duotone – une sélection de ses plus belles photographies et de portraits signés par les plus grands photographes, ce livre retrace le parcours éminemment romanesque de celle qui fut, à coup sûr, l’une des femmes les plus extraordinaires de son temps.
De Lee Miller, quelques photos de camps de concentration, autant dire une toute petite partie de sa vie. Issue d’une famille modeste athée, elle était adortée par son père. Ce dernier lui apprit le goût de l’aventure, de la technique et de la découverte. Cette éducation conduira Lee à ne jamais pouvoir rester en place, et à manifester une perpétuelle quête d’activités.
N’étant pas née riche, ni homme, elle ne pouvait accomplir son désir d’exercer son art et voyager que grâce à d’autres.
Née en 1908 à Pougkeepsie (dans l'état de New York), Lee Miller commence par poser nue pour la maison familiale. En 1924, le groupe Condé-Nast l'introduit dans le milieu de la mode et, un an après, réussit à l’imposer comme l’un des mannequins vedettes de Vogue. Divers photographes – Horst P. Horst, George Hoyningen-Huene, Arnold Genthe, Man Ray (dont elle sera sa maîtresse)… - la prenne comme égérie.
En décembre 1928, Edward Steichen la prend en photo pour la première publicité de produit d'hygiène menstruelle. Le cliché parait dans le McCall's magazine, en juillet 1928.
En 1932, Lee Miller revient aux Etats-Unis et ouvre un nouveau studio. Un an après, elle rencontre un milliardaire égyptien, Aziz Eloui Bey, et part vivre avec lui au Caire. Sur place, elle est fascinée par les villages abandonnés et photographie les magnifiques ruines qu’elle découvre dans le désert.
En 1937, Lee Miller rejoint Paris, rencontee Paul Eluard, et Picasso, et rencontre l'écrivain surréaliste Roland Penrose (qui devient son second mari dix ans plus tard). Elle s’installe temporairement à Londres, puis se réinstalle aux Etats-Unis. Elle débute alors une nouvelle collaboration avec Vogue, cette en fois en tant que photographe de mode.
En 1944, elle obtient une accréditation de l'US Army et collabore avec le photographe de Time Life, David Scherman. Seule femme correspondante de guerre de l'armée américaine, elle a l’occasion de suivre les troupes américaines lors du débarquement du D Day, mais également lors du siège de St Malo, de la Libération de Paris, de combats au Luxembourg et en Alsace, à la jonction de l'armée Russe et Américaine à Torgau, à la libération des camps de concentration ( notamment Buchenwald et Dachau )… A Vienne, elle photographie des scènes d'enfants agonisants, la misère en Hongrie, l'exécution du premier ministre Lazlo Bardossy….
Au lendemain de la guerre, Lee Miller stoppe son activité de photographe. Elle meurt, en 1977, à Farley Farm (Sussex). Son fils, Anthony Penrose, lui a consacré plusieurs ouvrages et a aidé à la redécouverte de son œuvre (souvent comparé à celui d’Henri Cartier-Bresson).
lire : " l'oeil du silence",
de marc Lambron , au livre de poche ( prix Fémina 2003)