embruns des jours et mouillages improvisés,
Après l’ouvrage de William Caruchet, Marius Jacob, l’anarchiste-cambrioleur (Séguier, 1993), les Écrits d’Alexandre-Marius Jacob rassemblent une multitude de documents remarquables qui nous le font mieux connaître. Son itinéraire, sa lutte, son refus de plier devant les hiérarchies, ses principes nous le rendent plus proche. La légende rejoint la pratique anarchiste au quotidien.
Du Pourquoi j’ai cambriolé, au Souvenirs d’un révolté, de son abondante correspondance de prison et du bagne avec sa mère, avec Jean Maitron… un nombre considérable de textes qui révèlent le combat de cet anarchiste. Deux volumes denses sur le parcours d’un libertaire en révolte contre le système : "La société ne m’accordait que trois moyens d’existence : le travail, la mendicité, le vol. Le travail, loin de me répugner, me plaît, l’homme ne peut même pas se passer de travailler ; ses muscles, son cerveau possèdent une somme d’énergie à dépenser. Ce qui m’a répugné, c’est de suer sang et eau pour l’aumône d’un salaire, c’est de créer des richesses dont j’aurais été frustré. En un mot, il m’a répugné de me livrer à la prostitution du travail. La mendicité c’est l’avilissement, la négation de toute dignité."
Dès seize ans, Alexandre-Marius Jacob participe au journal anarchiste "L’agitateur" et, dénoncé, il est condamné à plusieurs mois de prison. Révolutionnaire et cambrioleur, il rêve de guerre sociale aux "parasites bourgeois" pour un monde plus juste. Le vol est une révolte des pauvres confrontés quotidiennement au culte de la marchandise, une redistribution, une réappropriation : "Le vol c’est la restitution, la reprise de possession." Pour propager la "Cause", Jacob prône la "réappropriation sociale" et la redistribution du butin. Bel exemple de libertaire qui applique dans le vécu ses théories et se bat pour ses principes, Alexandre-Marius Jacob s’attache à saper un système qu’il refuse et dont il dénonce l’arbitraire. "Jacob rêvait d’une société où la plus grande liberté serait possible, d’où la douleur serait exclue et l’injustice bannie." Et voilà Jacob devenu un mythe alors qu’il est le témoin, l’idéaliste.
alexandre Jacob , drôle d'oiseau picot !