embruns des jours et mouillages improvisés,
allo , les nouveaux pauvres ! içi, le guichet des réclamations ! je vous écoute :
eh! ben , je viens de perdre 4% cette année de pouvoir d'achat; je vérifie quand même que c'est beaucoup plus, si on compte les clopes, le gas oil,la viande, les pattes, le gaz, afin des trucs de base quand même !
ça fait 50 ans , qu'on nous bassine avec cette antienne, le pouvoir d'avoir ! on n'est des trous du cul consommateurs
avec un "panier- de- la- ménagère" de 23 articles concocté par l'INSEE ou y manque la vraie vie, saignante et trébuchante ! maintenant les gosses pas nés ont un compte épargne, si, si !! et les senoirs, d'après la plublicité ont réglé leurs obsèques dans la bonne humeur ( l'histoire de mémé qu'est partie en avion très loin, dit-on à la petite dernière , et l'image de la publicité nous montre les iles marquises, on rêve !) ;Bref lettre aux humains considérés comme des colins froids prêts à consommer ! les économistes de tout poil cherchent à nous encarter dans un profil type de franchouillard béat , 2 fois le smic et 1,5 gosses à la maison; la proportion des gens endettés n'est pas pris en compte ! y pas de formule type pour consommer, mais il y a trop d'intermédiaires dans la dépense ; on fixe à l'avance le niveau de vie des gens comme d'une règle de vie normale en dessous duquel on n'existe pas ou chez l'abbé Pierre !
Cà manque d'air ! on produit des clônes à taxes, et les comportements individuels deviennent terriblement uniformes devant la crainte d'être déclassé économiquement et donc socialement ! car ce qui se joue est le nivellement par le bas dans la publicité! tout le monde , il a droit à la TNT, l'écran plat HD, les Seychelles, le 4x4 en 1000 mensualités, un réality show géant en live sur le parking de nos habitudes ; y a que les bobos du 12ème qui peuvent se la jouer "velib et sushis", y bouffe pas, y grignote comme des petites bêtes précieuses, y sont chichiteux, avec des manières de communiants; alors le pouvoir d'achat chez eux !!, c'est d'un sans gêne !
Y que chez les smicard beaufs et grincheux, que çà un sens! , vu qu'ils existent dès qu'ils remplissent leurs cadies, le supermarket, c'est un peu leur manège à eux, leur promenade du dimanche, tous les jours ?,un juke box à images rassurantes avec de la réclame et des promos: on est tous des ali-babas sans sésame! et la pub elle est toujours gaie ! voir les pompes funèbres ! la pub vous fait oublier votre pouvoir d'achat , une espèce de douce irréalité permanente, alors la réalité du boulot, du métro, c'est du Besancenot !, mais pas du Trenet , comme même ! : signé: un élève du professeur Rolin
PARLEZ MOI CHAT, ALORS ?
quelle heure il est ? les patrons sont sourds? moi, faut me nettoyer la caisse !
je suis allé miauler comme un ministre derrière leur lit
griffé la moquette, gratté la porte, mordu le bout des pieds; le père a poussé un grognement, descendu l'étage, pris la bassine, jetté dehors la litière, et l'a vaguement rempli avec de la fraiche , puis ouvert la porte, mon "cinérama" et j'ai humé l'air , me suis dit c'est un peu tôt pour chasser le mulot, surtout que la mère est pas loin; mais quel silence matinal c'eti dimanche là haut ? ! 6 h du mat ! une volée de cui-cui sonne le levée du jour encore brumeux, et le branle bas du quotidien de ces fainéants de travailleurs à 2 pattes ! je suis reparti à l'étage sur un coin de balcon, ou je me la joue proprio, la tête penchée dans le vide,entre les grilles du balcon,un coup de chef à gauche, un coup à droite, je daube le monde avec un air de chez moi, les oiseaux s'énervent !
A VOIR :
A ECOUTER :
Mc Coy Tyner "plays Coltrane" live at the village Vanguard , 2001 chez impulse records
Stan Gtez "Greatest Hits", 2000 , chez Elap
Miles Davis, "In a Silent Way",
The Essential Jaco pastorius ( Weather Report) , 2CD chez sony BMG ,2007
A LIRE :
- "1500 km à pied à travers l'Amérique" ( 1867-1869) , de John Muir, chez José Corti
Mi naturaliste,mi prophète, toujours en extase devant le "wilderness", sa religion c'est la nature des grands espaces, couché dehors par grand vent, sans couverture et sans souper,li ne lui fallait q'un gros pain offert par les fermiers pour alle devant dans les bois radieux
- "Journal mexicain (1923-1926)" , d'edward Weston, au Seuil
Au début des années '20, un jeune américain, va devenir un des plus grand photographe américain; il arrive à mexico avec sa maitresse, Tina Modotti, Pendant 4 ans , il tient un journal intime,sur le pays , sur diego Rivera et Frida Lalo ,la vie des paysans,lesréfugiés communistes,les nuages, les pulcheria, les virées dans les montagnes à la recherche de poteries;
- "Voyage excentrique et ferroviaire autour du Royaume Uni", de Paul Théroux, chezGrasset
Ecrivain et globe trotter, il décide un beau matin de faire le tour de la grande ile pendant 3 mois, passant de délicieux tortillarts en pensions de famille, de pubs en campings,un témoignage sobre et quelque fois sans complaisance , un enchantement devant les beautés de l'ile de Skye, des Highlands d'Ecosse, il rencontre dans le fond des campagnes,l'aspect prostré et décadent des de paysans tristes et renfrognés,impassible sur leur déclin,il décrit les ports croupissants de rouille et de traine misères, les mines désaffectées, les usines à l'abandon,les pubs enfumés , les cottages surannés,la jeunesse violente et impévisible .
Après Ravel, Zatopek. Mais jusqu’où ira-t-il ? Espérons qu’il ira plus loin encore dans cette même veine qui n’est pas un procédé. Car une fois encore, Jean Echenoz nous comble. Son nouveau récit Courir (144 pages, 13,50 euros, éditions de Minuit) n’a qu’un défaut. Une fois balayée cette réserve, c’est un enchantement. Difficile toutefois de passer outre car ce défaut s’inscrit sur la couverture : c’est le titre. Courir, c’est affreux, impossible de ne pas voir en superposition l’enseigne de la grande surface du sport. Echenoz, on veut entrer dans un livre, pas dans un magasin ! S’il m’avait demandé conseil, je l’aurais pressé de l’intituler “Zatopek !” D’abord parce que ça sonne merveilleusement. Za-to-pek. On ne s’en lasse pas. Ca claque. Ensuite parce que le point d’exclamation lui aurait donné la vitesse nécessaire. Enfin, parce que c’est vraiment le sujet.
Tout sauf une biographie d’Emile Zatopek (1922-2000), le plus grand coureur de tous les temps. Plutôt une déclaration d’amitié doublée d’une manifestation de tendresse. Ca se fait parfois chez les écrivains libres. Ceux qui n’ont rien à prouver. Même ceux qui ne connaissent rien au sport se souviennent du nom de Zatopek à défaut de sa foulée légendaire. Jean Echenoz s’en est emparé comme jamais un journaliste de l‘Equipe ne l’aurait fait. En se fichant des résultats, des performances, des exploits, des chronomètres. Il raconte l’histoire d’Emile à travers des détails, des incidents, des soupirs. Il vivait à Ostrava, en Moravie, dans un univers industrieux où on n’échappe difficilement aux deux mamelles de la ville, Tatra et Bata, la voiture et la chaussure. Le voilà ouvrier, comme les autres, affecté à la pulvérisation des silicates. File doux. Déteste le sport. Ne joue et ne court qu'’à son corps défendant. Mais ne rouspète pas. Toujours le sourire aux lèvres. Un jour il lui faut courir. Puis recommencer. Ca lui plaît. Il y prend goût, se met à courir à travers la forêt entre la maison et l’usine, et à recommencer la nuit même. Il ne s’arrêtera jamais. Petites compétitions locales, grandes fêtes régionales. Marathon, 5000 mètres, 10 000 mètres. Chaque fois, il court à sa façon, c’est à dire n’importe comment aux yeux des spécialistes de l’athlétisme. En plus, il grimace quand il court. Il s’en fiche. Il court au niveau national, toujours aussi peu orthodoxe, sans se soucier de ses bras, ce qui ne se fait pas. En plus, il consacre peu de temps à la musculation et à la gymnastique. Sa préparation est réduite à la portion congrue. Perte de temps selon lui. Il préfère le consacrer à renforcer son endurance plutôt qu’à améliorer son style qui en aurait bien besoin. Il est son propre médecin. C’est la méthode Emile. Un type comme tout le monde qui court comme personne et ne fait jamais rien comme les autres. Un moteur exceptionnel sur lequel on a omis de fixer une carrosserie. Une machine avec un maillot rouge. Un champion ? Le mot est faible. Un Zatopek plutôt. Zatopek est le premier homme à boucler 20 kms en moins d’une heure. L’éternel Heino des forêts
Ces deux-là, vous n’y couperez pas à moins de tout éteindre chez vous et de ne pas sortir. Ce sont les écrivains maudits les plus répandus de l’hexagone médiatique. Impossible de leur échapper depuis une semaine et pendant une semaine encore. On appelle cela un coup marketing et sur ce plan-là, il est très réussi, grâces en soient rendues à son artisan, Teresa Cremisi, Pdg du groupe Flammarion. Elle avait déjà réussi dans le même registre en lançant le journal de campagne de Yasmina Reza dans l’ombre de Sarkozy (200 000 exemplaires revendiqués). Elle vient donc de récidiver avec les mêmes recettes : petites phrases, petites fuites, petits mystères, petit embargo. A l’arrivée, petit livre. Ca s’intitule Ennemis publics (332 pages, 20 euros, Flammarion/Grasset) et, au cas où on l’ignorerait encore, c’est signé Michel Houellebecq et Bernard-Henri Lévy. La République des livres s’intéressant parfois aux phénomènes de société, aux aléas du commerce des idées et aux manifestations du para-normal en marge de la littérature, se devait d’y aller voir.
Ca a commencé comme ça. Un jour, Michel Houellebecq s’est mis en tête de dialoguer avec l’un des rares contemporains qu’il ne gratifiait pas de son mépris, afin d’en tirer un livre à deux voix destiné à être publié dans la foulée de son film La possibilité d’une île. Ayant fixé la saison (rentrée 2008), il ne lui restait plus qu’à trouver une personnalité de son niveau. Eu égard à la médiocrité de la France littéraire, le tri fut vite fait. A cette hauteur-là, il ne restait plus que Bernard-Henri Lévy. Il est vrai que si l’un est le romancier français le plus connu à l’étranger, l’autre est l’intellectuel français le plus sollicité à l’étranger. Ils faisaient donc naturellement la paire. Athènes contre Jérusalem : quelle affiche ! Alceste contre Philinte : quel programme ! Mini-Baudelaire contre Malraux junior : quel casting ! Le désir de déplaire et de le désir d’être aimé se sont donc retrouvés pour dîner au restaurant de l’hôtel Ritz, un endroit très simple à Paris, idéal pour évoquer la complexité du monde. Un dialogue ? Quelle bonne idée !
Sitôt écartée la possibilité d’un débat, ils s’enquirent de la possibilité d’une correspondance. L’un vivant en Irlande et l’autre au Maroc, le premier par identification avec la pluie, le second par incarnation du bronzage, ils convinrent donc d’échanger par la voie électronique. 28 courriels entre janvier et juillet 2008. De quoi faire saliver Saint-Germain-des-Prés et peut-être même, qui sait, Montparnasse, malgré l’absence d’un Molière pour faire
monter la sauce. Leurs éditeurs respectifs s’associèrent à compte à demi. Puis l’opération fut rondement menée dans les règles d’un art institué dans les années 20 par Bernard Grasset au moment de révéler Le Diable au corps de Radiguet à coup de réclames. Depuis, la technique s’est sophistiquée. Distillant à petites gouttes la stratégie du secret, la maison Flammarion a joué sur du velours avec les médias, moins avec les libraires, au sens critique plus développé que les critiques littéraires patentés ; exaspérés par la fabrication de ce type de produit, ils supportent de moins en moins que les représentants leur fassent commander par dizaines un livre dit “sous X”, c’est à dire sans nom d’auteur et sans qu’ils puissent prendre connaissance du contenu, comme le dénoncent plusieurs d’entre eux dans une enquête de LivresHebdo. Le fait est que le duo dinamico est absolument partout sur tous les fronts ces jours-ci. A voir comment les médias déroulent le tapis rouge à ces “ennemis publics” autoproclamés, on se demande ce qu’il en serait avec des amis.
Alors de quoi ça parle ? D’eux, naturellement. Avec en toile de fond, dans le paysage alentour, des personnages secondaires parmi lesquels on reconnaît la littérature, la philosophie, la poésie, la paix, la guerre, la vie, la mort et de l’amour, notamment. Il y a parfois des choses étonnantes sur une rencontre avec Aragon, l’urgence rock and roll du Pascal des Pensées, Céline en écrivain surfait, la figure de Romain Gary dont BHL va certainement s’emparer, la littérature de l’aveu ou encore des méditations sur l’art simple au sens chimique du terme, l’art total dans son acception wagnérienne et leur rapport avec le cante jondo. Dommage que ces moments soient aussitôt gâchés par le retour d’une rhétorique au moi envahissant. Alors la conversation redevient cuistre, nos deux penseurs expatriés renchérissant à grands renforts de citations de Spinoza, Nietzsche, Schopenhauer, Guillaume d’Ockham.
Ce que BHL raconte de ses épopées dans la souffrance et la misère du monde en guerre, ses lecteurs le savent déjà par ses articles, tribunes et reportages. Quant à ce que H. dit de ses rencontres avec des lecteurs dans les salons du livre de la France profonde, de ses discussions avec des étudiantes enamourées en Pologne et des lettres d’admirateurs, c’est le lot commun de tout écrivain, jusqu’à en être un lieu commun de la routine éditoriale. Mais il n’y a que lui pour s’émouvoir de figurer dans l’Anthologie de la poésie française de Jean Orizet…. Pathétique. On y trouve même une séquence “Emotion”, chacun livrant son
secret sur son père, oublieux de ce qu’un écrivain ne se décharge pas d’une telle boule dans la gorge dans un vulgaire échange de courriels mais dans un grand livre qui bouleversera son oeuvre. Il est d’ailleurs assez piquant de constater que l’un et l’autre évoquent longuement leurs géniteurs tout en reprochant aux journalistes d’en faire leur miel. H. est prudent, ne saisissant jamais les perches que lui tend BHL à propos de l’Islam. On regrettera également qu’ils n’en disent pas davantage de leur goût partagé du cinéma. Car ils n’ont pas écrit que des conneries, ils en ont filmées aussi, comme disait injustement Desproges de Duras.
Une grande partie du livre est consacrée au sujet qui les obsède : “Pourquoi tant de haine ?” Il s’agit de la haine de la meute à leurs trousses, évocation qui permet d’emblée à BHL de s’inscrire parmi les Sartre, Cocteau, Camus, Pound et Baudelaire et autres martyrs de la critique, excusez du peu. Ils ne cessent de se demander quel effet leur livre produira sur “la meute” et, partant, s’emploient à anticiper et désamorcer sa critique. Il est des passe-temps moins dérisoires, même les dimanches de pluie. La meute en question, ce sont naturellement les critiques et journalistes qui ne s’aplatissent pas devant leur oeuvre. Ils en sont convaincus, ces gens-là veulent leur mort littéraire puis leur mort physique ; ces chacals les cernent en permanence, les harcèlent, les traquent. Délire de persécution : classique cas d’école pour un psychiatre.
Ces critiques et ces journalistes, H. les insulte copieusement ad hominem ; il les appelle ses “vésicules eczémateuses”, des “micro-parasites”, “mes cloportes personnels” “des crapules qui ne valent pas mieux que celles qui officiaient sous la dictature nazie, humainement il n’y a aucun progrès” “cette conne” etc BHL les évoque, lui, plus lyriquement, comme “le groupe en fusion possiblement criminel, la multitude lyncheuse, dévoreuse, étripeuse, la bête sans poil et malingre” ect, “biographes à gages”, “roquets”, “chasseurs de primes littéraires”… Mais les deux sont incapables de se livrer à une critique de la critique qui ne relève pas de l’invective. Pas l’ombre d’un argument. Que des crachats. A un moment, tout de même, BHL écrit à son correspondant irlandais :”Je propose, cher Michel, qu’on arrête avec la boue, la haine, les têtes de Turc, la calomnie…” C’est à la page 243, ce qui donne une idée de ce qui traverse leur discours dans tout ce qui précède. Seuls des nouveaux riches et des parvenus de la littérature peuvent s’autoriser une telle arrogance dans la manifestation de leur mépris. On se demande alors : mais pourquoi tant de haine ? Ils doivent avoir des problèmes personnels.
H. et BHL se présentent
Witold Gombrowitz, mon écrivain favori !!