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embruns des jours et mouillages improvisés,

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SNAPSHOT US !

  BNF Richelieu / Galerie de photographie
 
A QUOI RESSEMBLAIT L'AMERIQUE DES ANNEES '70  ?
 Seventies. Le choc de la photographie américaine              

 
29 octobre 2008 - 25 janvier 2009  

300 tirages et 30 auteurs !

 
En 1971 la Bibliothèque Nationale présenta, sous le titre Photographie nouvelle des États-Unis, une exposition consacrée à de jeunes Américains alors peu connus. Leurs photographies rompaient avec la conception du médium qui prévalait en Europe, où régnait la photographie « humaniste ». On découvrit alors Diane Arbus, Lee Friedlander, Garry Winogrand, et bien d'autres. Chacun à sa manière engageait une singulière évolution, interrogeait sans a priori les multiples possibilités de cet art. Loin du pictorialisme, à distance du pur document, ils ne rompaient pourtant pas avec la riche tradition que représentaient Walker Evans, Harry Callahan ou Aaron Siskind.

La collection de la BNF conserve, grâce à ce lien consolidé au fil des ans, plus de deux mille tirages d'époque. L'exposition n'entend pas pour autant tracer une histoire de la photographie américaine des années 1970. Les quelque trois cents photographies, rassemblées autour d'un nombre restreint de thèmes esquissent un parcours dans le territoire iconographique qu'elles constituent, un travelling dans cette partie de notre collection. Le portrait (Diane Arbus), le paysage (Paul Caponigro, Lewis Baltz ou Joe Deal), les expérimentations photographiques (Duane Michals ou Les Krims) font écho dans l'exposition aux scènes de rue de Garry Winogrand, William Klein, Bruce Gilden, aux héros marginaux de Larry Clark, à l'humour décalé de Bill Owens et Ken Graves, aux recherches raffinées de Ralph Gibson.

L'ensemble offre la part belle à l'onirisme et au fantasme, tradition très anglo-saxonne interprétée par Ralph Eugene Meatyard, Arthur Tress ou Joel Peter Witkin. Cette exposition entend mettre en évidence l'audace et la vigueur des formes, montrer la confondante liberté qui, à cette époque, balaya les stéréotypes et exerce encore son emprise sur la conception post-moderne de la photographie.

À quoi ressemble l'Amérique des seventies dans l'objectif des jeunes Américains ? À un Nouveau ­Monde toujours porté par la vitalité de la conquête, fait de grands espaces déserts (The Fault Zone, la ­Californie de Joe Deal) et de paysage urbain vertical (le Texas graphique sous la chaleur de Charles ­Harbutt). À l'insouciante société de consommation, comme une New-Yorkaise qui savoure son shopping (USA, New York, 1972, de Garry Winogrand). Au rêve américain, cloné comme ses banlieues où l'enfant a un fusil (Richie, icône de Bill Owens et de sa série Suburbia). Aux codes stricts de l'après-guerre qui se relâchent et laissent appa­raître les marginaux poignants de Diane Arbus (trente tirages superbes), les ados junkies de Larry Clark (séries Tulsa, Teenage Lust ).

Moteur sur la rue, ses conventions, ses banalités, ses accidents, ses personnages, avant Martin Scorsese et son âpre film culte, Mean Streets, en 1973. Le proli­fique Garry Winogrand (1928-1984) regarde en peintre du photojournalisme les mutilés de guerre avec vestiges d'uniformes à Dallas, les manifestants aux bras musclés de syndicalistes à New York, les belles passantes avec coiffures de James Bond girls à Los Angeles, les papotages entre copines apprêtées sur les bancs de Central Park.

Sorte d'« antiphotographe » hyper­vitaminé sous l'influence de la peinture du Bauhaus, de ­Mondrian et de Max Bill, William Klein révolutionne la ville par son usage du flou, du grand angle, des tirages très contrastés (le gamin qui tire sur l'objectif, mythique Minigang, Amsterdam Avenue, New York, 1954).

Le melting-pot est mis à nu sous le regard incisif de cette nouvelle génération de photographes qui explorent formes et sujets avec une audace sans complexe, manient le snapshot comme un sérum de vérité. L'Amérique en instantanés, ainsi définie en 320 photographies et quelque 30 auteurs américains, est passionnante comme un documentaire, sec, aigu, humain. À mi chemin entre la bienséance de la bourgeoisie américaine et l'explosion hippie qui va y semer le désordre.

 

 

Il y a encore beaucoup de ­formalisme dans les attitudes et les cadres (les mondanités de la haute société blanche croquées par Larry Fink, en 1977) et déjà des bizarreries qui laissent perplexe (les familles naturistes de l'Amérique profonde, clichés insensés de ­Diane Arbus en 1965). Les jeunes drogués de Larry Clark, dans sa ­ville natale de Tulsa, en 1971, ont encore la coupe nette et les chemises propres des James Dean de l'Oklahoma.

Grande absente des clichés, la communauté noire, en cette décade qui voit pourtant les émeutes et leur répression sanglante en ­Alabama (1963), la lutte pour les droits civiques, l'assassinat de ­Malcolm X (1965), puis de Martin Luther King (1968). Elle n'apparaît qu'en filigrane des images. Au mieux, dans les rues de Harlem où les enfants jouent dans le caniveau (Harlem, New York, cliché fameux de Leonard Freed en 1963). Au pire, dans les faits divers où le même Leonard Freed saisit le corps noir allongé sur le carreau blanc d'un vestibule, résumé de la criminalité ou de la condition humaine.

» Hommage aux précurseurs qui ouvrirent le chemin de l'expérimentation et de la liberté

 
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