embruns des jours et mouillages improvisés,
TOUT SE PROGRAMME ,TOUT SE RATIONALISE, TOUT SE MONDIALISE !!
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Pourquoi ne pas se trouver en tous lieux de notre vie des gens idoines, complémentaires de nore egoité , ayant nos gouts,nos désirs, semblables dans notre quotidien ! , un peu des frères d 'humeur , des frères d'armes ! un speed dating permament !
le réseau internet le fait avec son profilage hédoniste, sexuel, commercial,professionnel !!!
on pourra un jour trouver dans les transports le profil idoine de notre compagnon de voyage, son pedigree, au cinéma , notre voisin idéal! un système de casting universel pour rester proche de l'humain ! faire des rencontres programmées, une société entière entièrement régie par le dating !! les anciens , les aristos ne se trompaient pas à l'époque en organisant les marriages, bref !, la selection de leur espèce !
parkings, restaurants, travail ( c'est déjà fait , regardez les tronches de rats habillés de la même façon, avec les même tics verbaux!( blacberry oblige ,travaillant à la Défense: on reconnait les banquiers, les assureurs, les commerciaux ! beurkkk! )le métro,les rues, les avenues,les librairies, les centre commerciaux, les maisons de retraite,les randonnées, les bordels,une convivialité astrologique organisée : les hommes politiques découvriraient le lien social tribalisé jusqu'au jour ou les bancs de sardines mise en boite à plaisir, casseront la baraque économique et sociale ! , vive le hasard ! mais nous avons de plus en plus de mal à l'incorporer dans nos vies surprotégées, sauf les artistes! pas les fonctionnaires ni les fourmis !
garde à vous !!, manchots désarmés !
LU QUELQUE PART :
Certains livres sont d’abord des objets tant ils frappent avant même qu’on ne les lise. Le cas du Livre des Vanités (358 pages, éditions du Regard) d’Elisabeth Quin, beau-livre dans les deux sens du terme, que son format, l’originalité de sa mise en page, l’inventivité qui s’y déploie, l’audace même du projet, préservent de finir en un ornemental coffee table book. Celui-ci, qui est en soi une Vanité, on veut le regarder, le lire, l’offrir, le trip
oter, et, le cas échéant, se faire ensevelir avec pour tromper l’ennui dont on gratifie parfois l’éternité. Même ceux qui croient bien connaître l’univers des Vanités devront rendre les armes face à un tel déploiement. Il faut être obsédé pour consacrer quelques années de recherche à une obsession de cette nature : la figure du crâne. Elle hante l’histoire de l’art, qu’on l’appelle Vanitas ou Memento mori. Il n’y a pas que les natures mortes du baroque hollandais et, d’une manière générale, les accumulations d’objets, squelettes, instruments scientifiques, lampes à huile et autres sabliers, censés symbolisés la précarité des choses de la vie et l’inanité de nos occupations ici-bas, en résonance avec la parole de l’Ecclésiaste Vanitas vanitatum omnia vanitas. A croire que les artistes ont tous donné, dans toutes les civilisations, sous toutes les latitudes, en tous temps, des mosaïstes anonymes de Pompéi à Damien Hirst diamantaire, des crânes des pirates à ceux de Barcelo, planètes qui ont beaucoup roulé leur bosse, ou aux crânes graffités de Brassaï.
L’auteur a éclaté son texte en une vingtaine de contributions parsemées de nombreuses citations. Sans crâner, elle en signe la plupart, mais délègue parfois à des collectionneurs, anthropologues, psychanalystes, neurologues ou peintres le soin de creuser la cavité chacun à sa manière. Plus on lit, mieux on entend “la mort, la mort, la mort…” comme le chantait Léo Ferré, ou prononcé doucement comme le fait le colonel Kurtz au coeur des ténèbres, sauf que là, la mort n’est pas nécessairement l’horreur. C’est le paradoxe de cette entreprise au fond épicurienne qui tend à prouver qu’il y a bien une ligne droite du morbide au Carpe diem. Avec le philosophe Peter Sloterdijk, on convient finalement que ce que ces orbites vidées regardent inébranlablement, ce n’est rien d’autre que la maladie de la vie. L’iconographie, signée Isabelle d’Hauteville, est un morceau de choix dans cet ensemble. La profusion et la variété sont étourdissantes. Inutile de dresser l’inventaire des artistes qu’elle a convoqués dans leur rapport au néant tant ils sont nombreux et parfois surprenants. Souvent ce qui rebute envoûte. C’est à se demander s’il y en eut qui y ont échappé. Mais un artiste pourrait-il décemment se soustraire à ce face à face brutal, direct, avec la mort, quand bon nombre d’entre eux ont passé leur vie à la transfigurer ? A la sortie, le lecteur habite lui aussi le labyrinthe de son crâne. “Ci-gît Allais sans retour” dit l’épitaphe sur la tombe d’Alphonse. Il y a de cela dans cet objet-libre d’autant plus remarquable qu’il est inclassable, à mi-chemin entre le Vanity fair de Thackeray et le Bûcher des vanités de Tom Wolfe. Mais cela ne nous dit pas pourquoi dans un langage vieillot, “crâne” est synonyme de “brave” ou “courageux”. Ne vous méprenez pas. Si on y entre déprimé, on en sort euphorique. C’est dire s’il est vivant et qu’il donne de l’énergie. On le quitte réconcilié avec la vie et d’accord avec Groucho Marx pour que, après notre incinération, 10% de nos cendres soient versées à notre agent.
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